Après avoir reçu plusieurs mails concernant le cursus à suivre pour devenir sage-femme, je me suis décidée à consacrer un billet sur le blog.
Je n'ai rien inventé et je ne me suis pas cassée la tête, un très bon article à été rédigé par un étudiant sage-femme première année de Grenoble sur le remede.org alors je vous le glisse littéralement ici.
(j'ai juste détaillé tout ce qui concerne le concours de PCEM1).
Petit historique sur la profession :
La profession de Sage-Femme, une des plus ancienne, est aussi une des plus méconnues. Dans la Grèce antique, on parlait de « Maieutique » , ou l’art d’accoucher, qui avec le temps et sous l’influence de Socrate a fini par désigner une méthode de dialogue. Ce défaut de connaissance s’explique sans doute par un défaut de reconnaissance : blottie au carrefour de plusieurs professions, il semblerait que la Sage-Femme ait peiné à délimiter son propre espace, son propre champ de compétences. Le système médical est aujourd’hui tellement subdivisé que le patient non averti finit par confondre l’ensemble du personnel soignant en deux catégories : les infirmier(e)s et les médecins. Il ne m’appartient pas ici de détailler toutes les professions, mais elle souligne bien les problèmes rencontrés actuellement. Ainsi, la SF se positionne tour à tour à la fois comme Puéricultrice, comme Pédiatre, comme Gynécologue-Obstétricien... sans être aucun d’entre eux : c’est ce qui en fait sa complexité et donc sa richesse.
Depuis 1982 la profession s’est ouverte aux hommes Sage-Femme, dont la volonté était un temps de rebaptiser « Maieuticiens ». Elle a également été définie comme une profession Médicale à compétence limitée. Son champ de compétence s’étend du début de la grossesse jusqu’au suivi après l’accouchement : elle ne se limite donc absolument pas à ce dernier. Elle peut travailler en libéral, en milieu hospitalier, en PMI, dans les centres de procréation médicalement assistée : elle suit de A jusqu’à Z tout accouchement dit eutocique (par opposition à dystocique, sans utilisation de Forceps ni de Césarienne), pratique les échographies, le suivi des grossesses, la rééducation, les cours d’haptonomie, ainsi que la prescription des médicaments relevant de sa compétence. Depuis 1992 à Grenoble et depuis 2002 en France, le concours d’entrée en école de SF est commun à celui de Médecine. Les SF bénificient en outre d’un accès aux Maitrises de Sciences Biomédicales (MSBM) : se référer à vos facultés respectives. Il s’agit d’une profession dont le statut est sujet à beaucoup de remodèlements : je vous invite donc également à consulter le site National de l’Ordre des Sage-Femmes à l’adresse indiquée plus bas.
Le cursus scolaire :
Le cursus général pour devenir Sage-Femme, depuis le bac, est depuis 2002 de 5 années. Il comprend 1 année de PCEM 1, sanctionnée par un concours (eh oui !), puis ensuite un enseignement spécifique en école de Sage-Femme pour une durée de 4 ans.
A l’issue de la première année de Médecine, exclusivement théorique, les 4 années qui vous seront proposées y associeront également des connaissances pratiques. Chaque école ne fonctionne pas de la même façon : toutes ne suivent pas scrupuleusement le même programme et les mêmes exigences d’année en année. Il s’agit de raisonner en terme de cycles et non en terme d’années, dans la mesure oú le concours d’entrée lui-même ne se fait pas sur les mêmes matières pour toutes les facultés, et où la nature des stages que vous validerez change sensiblement en fonction des écoles et même des promotions. Il reste que la première année de Sage-Femme (et donc la deuxième année en tout) est essentiellement tournée vers la pratique des soins infirmiers : en stage il vous sera appris à réaliser des actes tels que pose de sonde urinaire, prise de sang, pose de cathéters, injections diverses et variées (youpi !), préparation de médicaments, changement de perfusions etc... Ces actes seront appris au cours des différents stages que vous aurez à valider durant votre année : attention ! Il s’agira pour la plupart de services n’ayant strictement rien à voir avec l’obstétrique, allant du bloc de chirurgie digestive au service de maladies infectieuses par exemple.... ce qui peut s’avérer très frustrant si ils ne correspondent pas à vos « « attentes » . Ils restent néanmoins très instructifs et surtout permettent d’acquérir les bases du métier. Les connaissances théoriques sont également très variées, allant de la sémiologie cardiaque, de la bactériologie, ou de la parasitologie, au droit médical en passant bien sur par l’obstétrique et l’anatomie (juste des croquis, pas de dissections). Et cette liste ne se veut pas exhaustive ! Elle change beaucoup en fonction des écoles.
En deuxième année on continue l’enseignement à la fois pratique et théorique, mais l’ensemble est déjà beaucoup plus ciblé sur le pathologique et la femme enceinte. De plus les stages nous accordent d’avantage d’heures en salle d’acouchement. Je ne suis pas le mieux placé pour détailler le programme des années d’études suivantes, donc si une âme charitable veut détailler l’ensemble j’en serai ravi. Il faut toutefois savoir que, à l’issue de la deuxième année, il vous sera demandé de choisir un mémoire, c’est à dire un sujet ayant trait à la pratique de SF que vous développerez. Le but est-ici de répondre à une problématique ou faire un bilan, donc c’est bien un travail de recherche qui vous sera demandé. Grossièrement vous formulez un sujet de mémoire qui sera ou non accepté par une commission : les sujets de tels travaux sont extrêmement variés et vont de l’échographie au bilan de certains produits toxiques sur la santé du fœtus. On peut résumer l’ensemble en disant qu’il s’agit d’une thèse qui ne mènerait pas au titre de docteur... mais le travail reste conséquent et mieux vaut s’y atteler sans perdre trop de temps.
Débute ensuite un deuxième cycle que vous pourrez accomplir ailleurs même que dans votre école d’origine en fonction des opportunités. La quatrième année, enfin, bien souvent presque exclusivement orientée vers la pratique, se verra conclue par la présentation de votre mémoire et l’obtention de votre Diplôme d’Etat de Sage-Femme.
Les modalités d’examen :
Examen de PCEM 1 : il faut être classé "en rang utile".
Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Vous devez savoir que l'accès aux professions de médecin, dentiste, sage-femme et kiné sont soumis à ce concours et donc de ce fait soumis à un numerus clausus.
Qu'est-ce que c'est que cette bête ?
Numerus clausus signifie en latin « nombre fermé ». Ce terme désigne le nombre fixe d'étudiants admis dans certains cursus chaque année, principalement dans les professions de santé, qui sont réglementées.
En France, il a été mis en place par Simone Veil en 1971, la mise en place de cette loi a provoqué des manifestations étudiantes.
Exemple pour mieux comprendre :
pour cette année 2007 sur Amiens ils en prennent : 172 en médecine, 35 en sage-femme, 14 en kiné et 14 en dentaire (pour les 2 derniers je suis pas certaines mais c'est pas grave c'est pour l'exemple).
A l'issu du concours, chacun choisi ce qu'il veut en fonction de son classement : le premier dit je veux ça, puis c'est au second de choisir et ainsi de suite. Et comme ça on voit défiler le nombre de places restantes dans chaque branche. Donc si vous arrivez 173 ème, ça ne veut pas dire que vous ne pourrez pas avoir médecine puisque quelques personnes devant vous auront certainement choisi autre chose que médecine. A cela il faut rajouter les désistements.
En clair, pour mon exemple, si vous arrivez 237ème (addition de chaque NC) vous êtes sûr d'avoir quelque chose (une des 4 branches mais pas forcément celle que vous souhaitez) et pour les personnes placées plus loins il faut compter sur les désistements.
Pour être cetaine que vous avez bien tout compris je vais vous montrer ce qui s'est passé pour moi l'an dernier : il y avait 167 places en médecine, 35 en sage-femme, 12 en dentaires et 15 en kiné, soit un total de 229 places. Je suis arrivée 268ème et j'ai été reçu en sage-femme !! (merci les désistements)
Et au total, la dernière prise en sage-femme mais également la dernière prise du concours était 298ème, ce qui fait une marge de 69 places (donc 69 désistements).
J'espère avoir été claire et précise... (c'est pô gagné lol).
Premier cycle : il s’agit d’un contrôle continu exclusivement pour la première année. Pour la deuxième année on a le droit à la fois au contrôle continu et à l’examen de premier cycle qui regroupe l’ensemble des connaissances déjà abordées.
Second cycle : on repart pour un tour ! Avec cette fois un examen qui clôt chaque année.
Ces renseignements sont toutefois soumis à caution. Je ne connais pas les détails de toutes les écoles et ce que certaines appellent contrôle continu se résume souvent à un ensemble de colles réunies sur 2 semaines. A quand le contrôle discontinu ? De plus je ne prétends pas tout connaître de mes aînés : je n’apporterai ma caution qu’aux renseignements issus de mon expérience personnelle, moi petit premiere année ;)
source : http://www.remede.org/spip/article325.html
Je rajoute un dernier petit quelque chose pour parlez un peu de "l'avant P1".
Le mieux est tout de même de posséder un baccalauréat scientifique (quelque soit l'option : maths, physique-chimie ou svt). Cela facilitera les choses d'avoir déjà des bases scientifiques "solides".
Mais il est vrai que certaines personnes (qui sont assez rares tout de même) réussissent leur P1 en ayant un bac ES mais c'est plus difficile...
En revanche je ne sais pas ce qu'il en est pour les bac type sms... si quelqu'un pouvait me renseigner sur quelques statistiques...
EDIT (15h57) : je viens de trouver quelques statistiques de 2006 pour la fac de médecine de Lille (je ne trouve plus ceux d'Amiens)
| BAC | étudiants inscrits |
étudiants reçus |
||||||
| primants | doublants | triplants | TOTAL | primants | doublants | triplants | TOTAL | |
| S | 1524 | 600 | 12 | 2136 | 198 | 198 | 8 | 404 |
| ES | 30 | 8 | - | 38 | 0 | 2 | - | 2 |
| L | 5 | - | - | 5 | - | - | - | 0 |
| techno | 46 | 10 | - | 56 | 0 | 1 | - | 1 |
| autres* | 70 | 35 | 5 | 18 | 8 | 8 | 2 | 18 |
* titres étrangers, dispense de bac ou bac pro
La mention quand à elle n'est pas indispensable... (la preuve avec moi).
source : http://w3med.univ-lille2.fr/format/suaio/memento_etudiant.pdf
Je ne vous ai donc pas parlé de mon stage en B3 sud : service de chirurgie d'otho-traumatologie de l'hôpital Nord. Ca fait un peu plus de deux semaines qu'il est terminé alors je vais essayer de ne rien oublier...
Pour être concise, ça s'est bien passé ! lol ! Equipe sympa et dynamique, on travaille toujours dans la bonne humeur là-bas c'est cool ! Et en tant qu'étudiant on a pas mal de libertés, encore plus cool ! mdr !
Les horaires étaient les suivants :
6h30-14h30 la première et la troisième semaine
13h30-21h30 la deuxième semaine
(normalement on doit faire 7h/jour mais en faisant 8h on fini le stage plus tôt ; on a droit à 2 récupérations)
Débuts un peu difficiles au niveau de l'adaptation (en plus j'ai commencé le mardi parce que le lundi était férié). C'est un service assez "compliqué" j'ai trouvé, beaucoup de choses à voir en peu de temps... enfin bon faut s'adapter quoi.
Sinon le matin débutait (après les transmissions) par le tour : distribution des médicaments, lovenox, changement de perfusions, prise de constantes (tension, température), prise de sang... Au même moment des médecins et/ou chirurgiens arrivaient pour refaire eux-mêmes certains pansements ou en déballer (vers 7h30), alors il fallait continuer le tour sans l'infirmière/infirmier et c'était plutôt agréable de continuer toute seule ! (d'ailleurs il m'est arrivé quelque fois de le faire seule... ou presque). Ensuite le tour reprenait avec l'infirmière, mais voilà qu'arrivait le médecin et ses externes pour faire leur tour... donc encore une fois il fallait continuer seule... mais de temps en temps je participais au tour des médecins tout de même ;-). Le tour se terminait en général avec l'infirmière de journée (qui fait 8h30-16h30) vers 9h.
Puis pendant que l'infirmière du matin faisait des transmissions à l'infirmière de journée, j'allais aider les aides-soins à terminer les toilettes (que je faisais seule la plupart du temps).
Une fois tout ça terminé, une petite pause s'imposait : petit déj' (je ne déjeunais jamais là-bas parce que je prennais un bon ptit déj' chez moi avant de partir).
Et enfin après la pause c'était le tour des pansements : je faisais les pansements de propreté mais j'ai vu pas mal d'autres pansements (type escarres), que je n'ai pas pu faire malheureusement par manque de temps... (3 semaines là-bas c'est trop court !).
Après ça mangeage ;-) transmissionages et rentrage ;-) (souvent en retard d'ailleurs...).
Pour ce qui est de l'après-midi c'était un peu plus calme. On faisait le tour avec l'infirmière et l'aide soin pour voir si tout allait bien, changer les couches, distribuer de l'eau etc, on accueillait les entrées, on préparait les injections du soir et re tour vers 20h. Enfin on mangeait puis on faisait les transmissions et voilà !! :D
Donc en résumé stage sympa, on est très bien encadré et la surveillante encadre également très bien !!
Mon dernier jour je suis allée au bloc toute l'après-midi ! J'ai vu la pose d'une prothèse de hanche (que je voulais voir depuis longtemps) et de prothèse de genou !! C'était trop bien et impressionnant !!
Je dois vous laisser je vais au cinéma voir Pirates des Caraïbes 3 !!! ;-)